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Lex Naturae iniqua sed lex

La loi de la nature est inique, mais c'est la loi ! C'est sur cette formule latine que j'ai le plaisir de vous accueillir sur Lex Naturae.

Je trouve que nous avons trop tendance à l'oublier dans notre petit confort Européen. En effet, quels dangers nous guettent ? Apparemment, aucun, bien que les légendes populaires parlent d'un regain de violence urbaine.

Lex Naturae - Photo : Poney devant BruxellesCertes, aujourd'hui et sous nos latitudes, la survie est acquise. Néanmoins, il convient de se battre, pour vivre, et vivre bien.

Certes, chacun est libre de vivre dans la décadence que nous offre le confort de notre société, de se complaire dans les rêveries que nous offrent sur un plateau d'argent les publicitaires du monde entier. Achetez, essayez, jetez et rachetez. Le cercle semble infini. Il y a certes de quoi s'occuper.

Et si l'on regarde encore le bien de l'économie dans son ensemble, il est bien de dépenser sans compter : la hausse de la consommation permet celle du PIB. La fameuse croissance dont se régalent les journaux économiques.

Lex Naturae - Photo, Bruxelles 2004
Lex Naturae - Photo, Bruxelles 2004

Pris dans cette frénésie consumériste, n'oublie-t-on pas des besoins plus larges de la société ? Les ressources sont limitées. Ce que l'on semble oublier alors que continue de vivre le paradigme de la croissance. Fuite en avant, écervelée. Profitons pendant qu'il en est encore temps !

Et qu'en est-il des intérêts particuliers ? Est-ce que ce qui profite à l'économie profite réellement au plus grand nombre ? Difficile de répondre, tant les statistiques masquent certaines réalités. Que penser de ces gens qui s'endettent pour des grosses voitures, pour les derniers téléphones mobiles ou tout autre objet leur permettant s'affirmer ? Quel mal-être peut-il donc se cacher derrière les vertus de la consommation ? Le monde est complexe, et il est impossible de l'appréhender dans son ensemble.

Il n'y a qu'à observer le monde politique : pourquoi la droite et la gauche continuent-elles de s'invectiver après des centaines d'années de démocratie ? Si l'un des deux groupes était réellement plus stupide que l'autre, ça se saurait et il finirait par disparaître. Or ce n'est pas le cas. Il s'agit donc tout bonnement d'une vue partielle du monde. C'est peut-être le seul domaine où le partage est si complet.

Sociologues à gauche, économistes à droite. Ce ne sont a priori pas des idiots ! Mais les uns comprennent les hommes et les autres l'économie. L'histoire de la Russie nous montre bien que lorsque l'un de ses groupes s'arroge l'exclusivité du pouvoir, tout s'écroule. D'abord communiste, foncièrement sociale, puis ultra-libéraliste d'un coup, cette grande nation ne doit aujourd'hui qu'à la richesse de son sous-sol de faire encore partie des grands de ce monde.

Peut-on diriger le système ? Est-ce que quelqu'un détient réellement le pouvoir ? Non, car lorsque c'est le cas, tout s'écroule. Et le pouvoir se retrouve partagé à nouveau, tandis que la société, telle un Phénix, renaît de ses cendres. C'est la Lex Naturae.

Lex Naturae - Photo, Bruges 2004
Lex Naturae - Photo, Ca plane pour moi 2003
Lex Naturae - Photo, Bruges 2004

Certains parleraient de la main de Dieu, ou comme Adam Smith, de la Main Invisible. Certes, nous pouvons théoriser à l'infini, emballer le concept dans moultes jolis emballages. N'en demeure pas moins que c'est la nature qui a le dernier mot. L'Homme finirait peut-être par "détruire le monde". Mais il s'éteindrait comme les dinosaures avant lui. Et la vie continuerait.

Combien d'empires se sont-ils écroulés depuis que l'humanité peuple cette planète ? Et pourtant, aujourd'hui, nous foulons toujours ce sol. Lorsque tout disparaît, elle réaffirme sa puissance toujours et encore : la Lex Naturae. Car la loi de la nature est aussi appelée la loi de la jungle, ou la sélection naturelle. Quelle autre loi peut-elle régir le droit à quelqu'un de survire dans les catastrophes les plus horribles ? Dans de telles catastrophes, ce sont nos actes passés qui déterminent notre avenir.

Ainsi, la Lex Naturae distribue les cartes, régit l'économie et a droit de vie et de mort sur l'humanité. Elle n'est pourtant pas si horrible qu'il n'y paraît. En effet, quoi de plus naturel que la solidarité, par exemple. L'altruisme et l'empathie, aussi désintéressés qu'ils n'y paraissent ont également des retombées positives. Si l'Eglise parle d'un jugement divin qui sépare le bon grain de l'ivraie, la réalité est que chaque acte a des conséquences. Le bien que vous faites aura très certainement des conséquences sur votre vie, même si ce n'est que de manière indirecte. Cela vaut dans les deux sens. Le passé finit toujours par nous rattraper.

Nul besoin ici de faire appel à un paradis merveilleux situé quelque part bien loin dans l'univers. La pure logique et la religion convergent ici. En effet, combien de fois peut-on se voir récompensé d'un acte passé, par un hasard ? Combien d'évènements ne tiennent-ils qu'à un fil qui lui-même découle d'une dizaine de décisions prises par le passé ? Et tout simplement : combien Lex Naturae est.

Je vous souhaite une excellente visite !

Lex Naturae (10.12.2006)

 

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Dernière mise à jour : 08.07.2007