“Avant l’heure, c’est pas l’heure… Après l’heure, c’est plus l’heure !”
Ouf ! Cadeaux achetés, la veille, préparés à l’aube, offerts dans la matinée… ce qui m’amène à la citation d’un contrôleur de train et les évènements qui l’entourent.
A l’époque où j’empruntais ce moyen de transport chaque matin, j’étais ponctuel quand le train était en retard, et lorsque j’avais laissé le temps passer, je le voyais s’éloigner depuis le quai où j’arrivais essoufflé (et huit ans après, le gouvernement s’étonne encore que les pendulaires préfèrent la voiture…).
Le jour de la citation (le 21 septembre 1996) était un samedi de travail. C’était une période ou ma semaine était décalée d’un jour. J’avais donc congé le lundi. Ce matin là , j’ai donc couru comme un dératé, parcouru la rue qui me séparait de la gare, traversé le “park & rail”, franchi le convoi de marchandises abandonné qui me séparait de la voie 1. Et j’ai vu mon train s’ébranler. Je me suis dirigé vers la porte où se trouvaient les contrôleurs qui m’ont laissé monter (malgré la recommandation expresse de ma mère de laisser le train partir en de telles situations… “mieux vaut arriver en retard que pas du tout !”).
Et là , celui qui m’avait tenu la porte ouverte me déclara : “Avant l’heure, c’est pas l’heure… Après l’heure, c’est plus l’heure !”. L’histoire ne dit pas à quel moment de cette épopée j’ai perdu mon porte-monnaie… si vous l’avez vu, renvoyez-le moi à l’occasion; et vous pourrez garder en dédommagement le billet de dix francs rouge et la carte EC (ancêtre de notre carte Maestro), à l’effigie de Beethoven et sans puce qui s’y trouvent…
C’était il y a huit ans, mais c’était un autre millénaire. C’est donc une affaire d’archéologues, maintenant. Ainsi, dans 300 ans, quand ils retrouveront ces vestiges conservés dans la vase du Léman, ce sera amusant de voir les hypothèses qu’ils échafauderont sur mon personnage, avec pour base mon prénom et mon nom, un hologramme et des chiffres incompréhensibles en bas relief sur des morceaux de plastique. Les logiciels ultra perfectionnés de l’an 2304 leur permettront d’identifier les restes de l’hologramme comme représentant le plus grand compositeur du millénaire. Et ils en déduiront que Lex Naturae était le nom qu’il utilisait pour fuir les paparazzi et que la série de chiffres était son numéro de sécurité sociale.