Mais on s’en foot !!
Gare de Lausanne, dimanche soir il y a une semaine. Le train arrive, je descend. Klaxons. Chouette cette ambiance festive. Je sors de la gare, et là , des dixaines de voitures qui tournent avec des filles aux portières agitant de grands drapeaux portugais, vêtues de ces mêmes couleurs. Mêmes scènes de liesse pour ces non-évènement que lors de la libération d’un pays resté des années sous le joug d’un cruel dictateur.
Panem et circenses… Du pain et des jeux. Peuples abrutis qui fêtent les jeux du cirque avec passion. Quoi de plus normal. Après tout, c’est ce que leur enseignent les moultes campagnes marketing qui entourent ces idiots qui courent après une balle, tels les chiens qui ramènent un bâton à leur maître.
Acte deux. Je suis en ligne sur mon logiciel de messagerie instantanée préféré avec une personne qui m’est chère. Au hasard de la conversation, je lui fait part de l’inutilité totale que j’aurais de regarder le match Suisse-Corée, puisque je suis informé des goals en temps réel par les klaxons. Il me suffirait ensuite d’aller regarder sur Internet pour avoir les résultats en temps réel.
Et la voila qui me débite tous les détails du match.
Panem et circenses…
Passons maintenant la cohorte de politicards “patriotes” qui vont agiter leur drapeaux dans les stades, parfois pour raisons électorales ou applaudir mollement à la Chirac. Après tout, ces gens ne sont ni rois ni empereurs, ils sont de simples représentants du peuple. C’est normal qu’ils se contentent de pain et de jeux.
Mais que dire de cet hôte de marque : Benoît XVI, évêque de Rome, chef de l’Eglise. Et oui, le pontife en personne est fan des équipes d’Allemagne et d’Italie et regarde “les matches les plus importants” (informations du 20 Minutes, éd. Lausanne du 4 juillet 2006)
Suis-je donc le seul être humain sur cette planète à m’en foutre éperdument du foot ? Cher Saint-Père, vous qui êtes si près de Dieu, pourriez-vous me dire quel est l’enjeu, outre les millions qu’encaisserons les joueurs, la FIFA et compagnie ? Vous qui proscrivez l’hédonisme, qui fustigez l’ultra-libéralisme et étiez considéré comme l’un des plus intellectuels du Conclave ?
Que nul ne s’en inquiète ! Pour l’Eglise comme pour toutes les autres entreprises, le football n’est qu’une opération de relations publiques. Après tout, c’est déjà à Rome que l’Empereur se rendait aux jeux du cirque pour détourner l’attention des affaires d’Etat…
Panem et circenses…