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Pensées de l’instant

Les Couloirs du Temps

Ce n’est pas d’un film dont je vous parle, mais de la réalité, ou du moins de ma réalité. Nous sommes dans un monde étrange ou toutes les montres avancent à la même vitesse – ou peu s’en faut – inéluctables dans leur course. Et pourtant ! Si je te demande l’heure tout en regardant ma montre, nous aurons la même. Alors que si je te demande quand nous nous sommes vus pour la dernière fois, tu me répondras « il y a cinq ans », alors que je pensais « hier ».

C’est bizarre comme le temps avance. La première année dont j’ai eu conscience était 1987. A cette époque, j’avais sept ans et les années étaient une unité de temps longue. A peu près l’équivalent d’une décennie d’aujourd’hui.

Comment croire que certains épisodes de ma vie qui viennent de se terminer portent un millésime 1999 ou 1993… ou encore 1990. Comment se fait-il que ce futur un peu étrange qu’était l’an 2000 – et son fameux bug dont tout le monde sait aujourd’hui qu’il s’agissait d’une arnaque d’informaticiens – soit aujourd’hui un passé lointain ?

Comment imaginer que ce repas au restaurant du 20 décembre 2000, mes vocalises dans les arènes et la montée de la tour appartiennent à un lointain passé ? Comment s’imaginer que la fin de mon service militaire, le 23 décembre 2002 – qui ne s’était pas passé comme je l’avais espéré – soit aussi lointaine ? C’est pourtant comme si c’était hier.

Et que dire du 26 octobre 2002, où par une belle matinée ensoleillée, j’ai pris l’une des plus mauvaises décisions de ma vie sur un coup de panique ? Et comment concilier le fait que j’étais un gamin le 20 octobre 2003 avec le fait que cette date me semble être hier ?

Mais la vie continue. J’étais jeune et pour l’instant, je le suis encore. Mais par contre, ce que je voyais alors comme l’âge adulte, je le vois aujourd’hui comme une partie de mon enfance, peut être la plus belle. Celle où j’avais la fougue de tout conquérir, la force de détruire ce qui devait l’être – que ce fut vrai ou non –, la clairvoyance de mon potentiel, et une puissance de feu qui – dans certaines de mes actions – confinait à la folie.

Aujourd’hui, c’est parfois comme si j’étais vieux. Je pense parfois – souvent – au passé. Je me remémore des évènements lointains comme s’ils faisaient encore partie de ma vie. Mais comment faire autrement, alors certaines fragrances de ce passé sont encore imprégnées dans ma chair ?

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