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Pensées de l’instant

Musique, églises et photographie

Vous n’allez peut-être pas le croire, mais l’on peut être webmaster, écrivaillon, violoneux et quand-même assez beau pour être pris en photo pour une campagne publicitaire. En fait, être pris, c’était le plus facile. Ensuite, il faut organiser. Quand des photographes viennent depuis l’autre bout du pays pour un shooting, il faut que ça marche.

Ainsi, si le sujet doit être un violoneux qui joue dans une église, il convient de choisir un édifice photogénique et de s’assurer que rien ne viendra troubler la sérénité des artistes. J’ai donc pensé à un temple de la région qui est très lumineux et dont l’architecture est sympathique. Enthousiasme des Zurichois.

Le jour J, pour plus de sûreté, il convient de s’assurer que tout ira pour le mieux. Confirmation des personnes responsables : aucun problème. J’arrive donc serein peu avant l’heure H au point P. Et là, une charmante jeune femme m’accueille :

“- Bonjour, je suis la marguillière.

- …

- C’est moi qui m’occupe de préparer la cérémonie

- La quoi ??

- Ben oui, la cérémonie”, fait-elle en me montrant le cercueil.

Assez amusant comme situation. Digne d’un mauvais roman. En tout cas, lorsque l’assistante du photographe répond au téléphone depuis la voiture, ce dernier est… mort de rire.

Plus tard, ce serait à moi de rire : “Vous avez une autre église ?” demande-t-elle. Alors, je les guide vers ma solution de rechange. Une petite chapelle dont je sais où est la clé. Et là, c’est amusant de les voir tourner en rond, demander quand termine l’enterrement de l’autre église, se plaindre de la lumière insuffisante qui filtre sous forme de couleurs chatoyantes à travers les vitraux.

Finalement, ils se décident et nous nous mettons enfin au travail. Zim-zim zam-zoum (imaginez-vous le son d’un violon), clic-clac co-dac (celui d’un reflex numérique professionnel), psing psing (les rayons de lumière que la demoiselle m’envoie à la figure pour que mon sourire brille sur la pellicule).

Quand soudain arrive quelqu’un. Frayeur des photographes qui partent se réfugier dans la sacristie. Je pars à la rencontre de l’inconnu. Qui est un ami. Car cette fois, je suis dans mon fief. Le travail peut donc continuer. L’ami installe ses micros. Il commencera ses enregistrements quand nous aurons fini. Lui non-plus ne s’était annoncé nulle part.

Zim-zam, zoum-zim, clic-clac, psing psing, regarde par ici et les yeux par là, zim-zoum, imagine que…, clic-clac, lumière, psing psing, clic-clac, zouououououo-zim-zim…

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